Saison 2021/2022

Épidermique

La peur est aussi vieille que l'humanité, elle est nécessaire à notre survie, elle nous tient à l’affût.
Malgré les progrès de la techno-science, la maîtrise d'un nombre grandissant de phénomènes naturels et artificiels,

malgré la lumière qui éclaire nos villes modernes, le jour comme la nuit, les ombres demeurent.

Dans les méandres d'internet, dans les labyrinthes médiatiques, dans la solitude derrière nos écrans, leurs griffes nous frôlent.
C'est la nuit sombre. Il suffit d'un bruit, d'un frisson, d'un murmure, pour que la peur devienne panique.

Et c'est au réveil que commence le cauchemar, toujours la même histoire plantée dans le même décor,

la fable du capitalisme...
La peur sera la porte d'entrée de notre nouvelle saison. Et nous vous invitons à la franchir ensemble.
A tâtons dans l'invisible, on se rapproche.
Où vas-tu ?

On cherche dans l'indicible, nos corps se touchent.
Épidermique.
Le vent souffle aux confins du monde. Les ancêtres nous appellent.
D'où viens-tu?

Les sons, les voix, les incantations et les combats se mêlent dans le bleu intense de la nuit.

Les genres s'entrechoquent. Une femme a rêvé d'avoir une barbe, un homme a redessiné ses sourcils, une vieille s'est changée en loup.

Souvenirs à fleur de peau.
La fille de faïence mène le cortège des corps rejetés. Les esprits et les fantômes processionnent à nouveau, en chantant.

La déesse Kali se dresse contre la tyrannie des hommes, la Sainte Vierge s'élève d'amour lesbien.

C'est un subtile jeu d'équilibre entre sacré et profane, souillure et sainteté, amour et colère.
Épidermique.

Où es-tu ?

Approche-toi.

Là où on ne les attend pas, les corps hors norme se livrent dans une danse sensuelle, orgasmique.
Tout brûle de désir.

les mauricettes