
Ummée Shah porte en elle des histoires qui relient la Wallonie aux vallées du Kashmir. Elle s’intéresse aux récits qui façonnent les mémoires, racontent les appartenances et éclairent les liens qui nous unissent. Depuis plusieurs années, elle anime des ateliers auprès d’enfants et de personnes minorisées pour faire émerger des histoires nourries par leurs vécus et leurs héritages. Bénévole aux Dimanches du Conte pendant près de sept ans, elle y a trouvé des amitiés précieuses, de la sororité et la conviction qu’il était possible de raconter le monde autrement. C’est avec gratitude qu’elle assure aujourd’hui la curation de cette saison. Elle dédie Cœurs battants à Stéphanie Witta, conteuse et sœur de cœur, dont la joie de vivre et la capacité de voir le beau au milieu du chaos continuent de l’inspirer.
Pour cette saison, les Dimanches du Conte ont choisi d’emprunter les chemins de traverse.
Puisqu’ils nourrissent le désespoir, nous cultiverons la joie.
Puisqu’ils cherchent à nous diviser, nous partirons en quête du lien.
Puisqu’ils imposent des récits de domination, nous raconterons d’autres manières d’habiter le monde.
Puisqu’ils ne tracent qu’un seul chemin, nous irons à contre-courant.
Puisqu’ils propagent la peur, nous sèmerons l’amour.
Cette saison sera fleur bleue. Délibérément. Sans ironie. Sans pudeur.
Notre fil d’Ariane sera l’amour. Un amour qui protège, qui relie, qui refuse l’indifférence. Un fil que nous tiendrons ensemble pour trouver notre chemin à travers le labyrinthe. Nous irons puiser dans les récits anciens la force de tenir debout. Nous ferons entendre l’histoire merveilleuse d’un peuple dont les chants débordent des frontières. Nous chercherons des compagnons de route, des éclats de beauté, des façons d’accueillir nos ombres sans nous y abandonner.
Une traversée. La promesse de passer la journée ensemble. Nous raconterons les luttes de celles et ceux qui nous ont précédés afin de ne pas oublier les chemins qu’ils ont ouverts avant nous. Elles ont raconté des nuits entières, ont utilisé l’humour pour déjouer l’horreur de la déportation, parcouru des kilomètres pour défendre des corps en devenir. Nous revendiquerons notre droit d’aimer, de jouir et d’exister à travers nos corps, quels qu’ils soient. Quitte à commettre des attentats à la pudibonderie ! Nous imaginerons d’autres manières de faire famille, d’autres formes d’amour, d’autres façons d’être ensemble. Nous célébrerons la liberté d’être soi, le consentement, la diversité des voix et la beauté des liens choisis.