Les dimanches du conte

Billetterie

UNE MÉMOIRE EN PARTAGE

De janvier à avril 2025, Adrien Lociuro, conteur et « artisan de la parole », s’est fait le passeur d’histoires au sein d’un cercle de seniors hispano-francophones. Dans la chapelle de l’asbl Hispano-Belga, à côté des Madones aux robes colorées, la flamme d’une bougie accueille en rituel les personnes venues écouter les histoires.

Alternant contes d’ici et d’ailleurs, histoires facétieuses ou de sagesse, Adrien a ouvert la fenêtre sur l’imaginaire. Au fil des 12 semaines, les participant·es ont plongé dans cet espace de parole. Tour à tour, iels ont partagé souvenirs d’antan et récits du quotidien, mythes et légendes… et se sont prêtées au jeu de raconter des contes entendus lors des séances précédentes.


Souvent, des mots d’espagnol se glissaient dans les dialogues de français. Parfois, l’espagnol s’emparait de l’espace, une personne traduisant les histoires pour que tout le monde puisse les comprendre. La langue ravive la mémoire, et le langage en permet le partage.

La guerre civile en Espagne et la dictature de Franco font partie de leur histoire, petite et grande. Plusieurs fois, des participant’es ont raconté des bribes de souvenirs ou des blagues qui ont fait vibrer le cercle, et permis aux plus jeunes du groupe d’écouter le témoignage d’un passé troublé.

 

Un participant connaissait des contes populaires de la région wallonne du Borinage. Pour le cercle, il a raconté une histoire d’abord en dialecte local, avant de la traduire en français… puis quelqu’un d’autre l’a traduite en espagnol ! Quand le désir de partager est bien vivant, les récits traversent les âges, les frontières et les barrières linguistiques.

 

Il a raconté l’histoire d’un mineur alcoolique et violent qui a finit par en mourir… Ah la mort, elle plane parfois dans ce cercle de conteurs seniors… mais elle ne reste guère longtemps, remplacée par les devinettes et les blagues.

 

En revanche, quand il a fallu inventer une histoire imaginaire pour raconter son trajet de la maison jusqu’à l’Espace Hispano-Belga, ce sont les tracas du quotidien qui ont refait surface, surtout les difficultés dans les transports, les retards mais aussi leur manque d’accessibilité. Malgré tout, dans chacun des récits, tout le monde arrive à l’heure… car le cercle est devenu un lieu où on se retrouve entre ami’es, où on noue des liens, dans un monde où le temps presse et où les bombardements d’images sur nos téléphones parasitent les relations et brouillent les imaginaires.

 

« Un moment qui fait du bien »

Les deux dernières rencontres ont permis au Cercle de garder une trace, en élaborant sa propre archive. Un film recueille les témoignages des participant’es, ce qu’iels ont aimé et ce qu’iels retiennent de la magie des contes qu’on se raconte en cercle autour… de la bougie. Vous pouvez le visionner plus haut.